Coupe Meiji

Retour émouvant - et victorieux - de Watari à la Coupe Meiji

By Ken Marantz

TOKYO, Japon (le 16 juin) - L'émotion était palpable lorsque Rio Watari est remontée sur les tapis, deux ans après le début d'un éprouvant combat remporté sur le cancer. 

Des larmes de soulagement et de joie ont coulé à flots lorsqu’elle a décroché la victoire.

Watari parachève sa remarquable rémission du lymphome d’Hodgkin par une nomination au titre de lutte féminine en 68kg au tournoi du Japon sur invitation de Tokyo, et par une place dans l’équipe du Japon pour le championnat du monde de Budapest.

Watari a même donné dans le dramatique, marquant un point décisif par sortie de tapis à 6 secondes de la fin de sa finale contre Chiaki SEKI, pour une victoire 3-2 et son premier titre dans ce tournoi depuis 2014, connu sous le nom de coupe Meiji.

Le point gagnant de Watari est venu sur sa quatrième tentative de ceinture. Les trois premières avaient été interrompues et les seuls points marqués par les lutteuses l’avaient été pour passivité, Watari prenant la tête 2-1 à 32 secondes de la fin.

Mais Seki - qui luttait jusqu’à maintenant sous son nom de jeune fille IIJIMA - a forcé Watari à l’égalité 2-2 à 24 secondes de la fin par son unique tentative de ceinture du combat.

Watari, arrivée jusque là, n’allait pas se laisser faire, et sa réponse a comblé le bruyant contingent des supporters de son sponsor Aisin AW dans les tribunes de la salle Komazawa.

 “J’ai tout donné, persuadée que la victoire serait finalement mienne, et que je rejoindrai les autres championnes de Shigakkan aux championnats du monde,” a déclaré Watari en se référant à son université de la centrale de Shigakkan, d’où provient la majeure partie de l’équipe féminine pour Budapest, qu’il s’agisse de nouvelles ou d’anciennes étudiantes.

Watari n’a eu besoin que de deux combats pour remporter l’or. Dans son combat d’ouverture – son premier depuis les Jeux de Rio en 2016 -, c’est un solide 7-0 sur Mai HAYAKAWA, de Shigakkan, qui lui a permis de rejoindre les finales.

“Dans le premier combat, même en surmontant ma nervosité, mon corps tremblait tellement que je n’étais plus moi-même,” a révélé Watari, âgée aujourd’hui de 26 ans. “Je n’arrivais pas à me calmer et me sentais angoissée. Je sentais que si je continuais comme cela, je ne serais pas capable de remporter le titre.”

 “Pendant la finale, je croyais en ce que j’avais fait jusque là, et j’étais déterminée à gagner. J’ai pu relever le défi de manière relaxée.”

Rio WATARI, championne des 68kg. (Photo par Sachiko Hotaka)

Avant sa maladie, Watari avait déjà fait les titres de la presse nationale lors de sa qualification pour les Jeux de Rio. Ce qui rendait son cas si particulier à l’époque est que, dans son ardente volonté de remporter une médaille olympique, Watari était monté de deux catégories de poids, de 63kg à 75kg. L’histoire veut qu’elle ait pris 12 kg en mangeant cinq repas par jour.

Son lymphome fut diagnostiqué quelques jours avant les Jeux, auxquels elle prit part tout de même. Et ne fit de sa maladie aucun motif d’excuse pour sa décevante défaite d’un point face à Aline da Silva FERRIRA (BRA). A son retour au Japon, son état fut rendu public et, alors qu’il empirait, elle commença plusieurs traitements, dont une chimiothérapie.

“Pour les Jeux Olympiques, alors que je me battais pour savoir s’il fallait participer ou pas, j’ai continué à m’entraîner, ce qui a rendu ma participation possible,” a indiqué Watari. “Ensuite, ma vie contre la maladie a débuté. J’étais alitée la plupart du temps, avec des vertiges lorsque j’étais debout. Chaque jour qui passait, je me demandais si je serais capable de reprendre la lutte.”

En septembre dernier, elle recommence à marcher, faire du vélo et, petit à petit, acquérir “le corps d’une personne normale.” Après s’être limitée à des exercices élémentaires, elle a rejoint les salles de lutte en janvier.

“Si je considère ma condition d’avant les Jeux Olympiques comme à 100%, j’en suis toujours loin en termes de force physique”, dit Watari. “Je ne peux toujours pas tenir jusqu’à la fin de l’entraînement. Je dirais que j’en suis à 50%.”

Watari s’est retrouvée directement dans l’équipe pour Budapest car la médaillée mondiale et olympique Sara DOSHO, vainqueur en 68kg du championnat du Japon (appelé la coupe de l’Empereur), a souffert d’une blessure de l’épaule à la coupe du monde de lutte féminine en mars, qui l’a tenue éloignée de la coupe Meiji.

Si une lutteuse remporte dans sa catégorie de poids à la fois la coupe de l’Empereur et la coupe Meiji, elle sera automatiquement sélectionnée pour Budapest. Si les vainqueurs d’une même catégorie de poids sont différents, elles se retrouveront pour des éliminatoires le 7 juillet, et Dosho en sera également absente.

Pour Watari, son remarquable comeback n’efface en rien la piqûre de sa défaite à Rio. Après le combat, interrogée lors de sa conférence de presse sur le soutien reçu de ses parents pendant son combat contre le cancer, elle s’est effondrée.

“Je n’ai pas été capable de gagner aux Jeux Olympiques et leur rapporter une médaille,” a-t-elle déclaré, en larmes, sous-entendant que le meilleur moyen de leur montrer sa reconnaissance serait une médaille d’or aux Jeux de Tokyo en 2020.

 “Ceci n’est pas encore les Jeux Olympiques, et n’efface donc en rien ce qui est arrivé à Rio. Je dois penser jusqu’où il m’est possible d’aller en 68kg, et avec l’approche des qualifications pour les Jeux, quelle est pour moi la meilleure catégorie de poids. Cette victoire et cette qualification pour les mondiaux sont un précieux pas vers les Jeux.”

Quand même, avoir traversé une maladie mortelle lui fait beaucoup plus apprécier le temps passé sur les tapis, et lui permet de supporter les rigueurs nécessaires pour atteindre le succès.

“En ce moment, je m’éclate quand je lutte,” a conclu Watari.

Shota TANOKURA a acquis son billet pour les championnats du monde en remportant la compétition des 55kg. (Photo par Sachiko Hotaka)

Le champion d'Asie Tanokura lorgne sur l'or

Le champion d’Asie Shota TANOKURA a mené une attaque en règle sur l’or des 55kg en lutte gréco-romaine, déployant une démonstration de projections spectaculaires et assurant ainsi sa place pour le championnat du monde.

Tanokura poursuit sur la lancée de son triomphe à la coupe de l’Empereur, affichant deux victoires par supériorité technique avant de se défaire de Shota OGAWA 7-0 en finale, grâce à, notamment, un amené au sol en prise de demi-souplesse.

C’est la troisième médaille d’or de Tanokura à la Meiji, et sa première depuis 2015. Il s’était retiré après son échec aux sélections des Jeux Olympiques de Rio, en partie parce qu’il se sentait handicapé par le fait que la catégorie minumum de poids ait été montée à 59kg. Il avait été rapidement dominé par le médaillé d’argent olympique Shinobu OTA et le champion du monde Kenichiro FUMITA.

Mais le retour de la catégorie des 55kg a entraîné le retour de Tanukora à la discipline l’année passée, bien qu’il garde son emploi de professeur d’éducation physique au lycée de Tokyo.

Ses obligations professionnelles l’ont empêché de s’entraîner comme il l’aurait souhaité pour la coupe Meiji, au grand dam de son entraîneur.
“Honnêtement, pour ce tournoi, après le championnat d’Asie [de Bichkek en février] et le dernier camp national, je n’ai pas pu m’entraîner,” a déclaré Tanokura.

“L’entraîneur Shingo Matsumoto m’a dit une semaine avant le tournoi : ‘Mon pote, c’est pas comme ça que tu vas gagner.’ On m’a dit qu’il fallait que j’y aille avec l’état d’esprit d’un combattant, et ça a fait clic, même s’il était un peu tard.”

 Tanokura, triple médaillé des Jeux d’Asie, aura pour la première fois de sa carrière la possibilité d’une médaille de championnat du monde. Il a pu renforcer sa confiance par une deuxième place au tournoi Dan Kolov-Nikola Petrov de Sofia, en mars.

“J’ai participé à une compétition en Europe, et mon impression est que les lutteurs asiatiques sont plus puissants que les Européens dans les catégories les plus légères,” a-t-il indiqué. “Il ne reste plus qu’à me focaliser sur l’or des mondiaux.

Yukako KAWAI, médaillée d'or en 62kg. (Photo par Sachiko Hotaka)

Pendant ce temps chez les sœurs KAWAI, Yukako s’est emparée du titre de lutte féminine en 62kg et se rapproche un peu plus de Budapest.  
Yukako pleurait après sa victoire, mais ce n’était pas de joie, déçue par sa performance en finale 4-1 sur Yurika ITO, pendant laquelle elle n’a pas réussi à marquer en attaque.

"Je voulais le titre et suis satisfaite de l’avoir obtenu, mais je n’ai rien pu faire comme je m’étais entraînée pour, donc c’est très décevant,” a déclaré Yukako. “J’ai travaillé sur les amenés à terre, à répliquer et garder une position basse. Je n’ai même pas appliqué les fondamentaux.”

Yukako et sa soeur aînée Risako Kawai, championne olympique et championne du monde, avaient toutes deux changé de catégories de poids depuis leurs victoires à la coupe de l’Empereur. Risako était passée de 62kg à 59kg.

 Ceci a lancé les bases d’un scénario intéressant. Si, par surprise, Risako ne remporte pas la finale des 59kg dimanche, elle affrontera sa soeur en éliminatoire pour la place des 62kg. Mais Yukako pense qu’il n’en sera rien.

“Si elle gagne en 59kg, il n’y aura pas d’éliminatoire entre nous, donc Risako dit que nous devons absolument tout faire – gagner - pour aller ensemble au championnat du monde.”

Pour Yukako, Budapest sera l’occasion de se racheter pour le championnat du monde de Paris l’année passée, où elle n’a pas décroché l’or en 63kg ; pour y arriver, elle n’a pas le droit de reproduire ses errements de samedi.

“La façon dont j’ai lutté ne valait rien,” a-t-elle dit. “À ce niveau, je serai tout de suite battue, comme l’année passée. Je dois tout recommencer depuis le début.”

Yuhi FUJINAMI a dû se retirer du tournoi suite à une fracture de l’os de la pommette. (Photo par Sachiko Hotaka)

Fujinami se retire et compte sur les éliminatoires

Étonnamment, Yuhi FUJINAMI, médaillé de bronze à Paris 2017 en lutte libre et 70kg, s’est retiré de la compétition catégorie 74kg, préférant jouer son retour au championnat du monde aux éliminatoires.


Fujinami s’est fracturé le malaire droit après avoir reçu un coup de coude à l’entraînement début mai. Il est apparu dans deux rencontres en duel pour l’Université Yamanashi Gakuin, se protégeant tant bien que mal en évitant d’amener ses adversaires à terre. Il compte sur une rémission totale d’ici aux éliminatoires. 

Fujinami a déclaré à la presse qu’il avait pris sa décision dimanche, après consultation avec sa famille au championnat national juniors des lycées, où tous étaient réunis pour soutenir sa jeune soeur Akari – qui a décroché la médaille d’or.

En l’absence de Fujinami, c’est Ken HOSAKA qui a décroché le titre avec une victoire 11-3 sur Yuto MIWA, encore adolescent. En demi-finale, Hosaka a dû mettre un pied dans la zone de protection à 3 secondes de la fin pour obtenir les deux points qui lui ont donné la victoire 4-4 sur Ryuki YOSHIDA.

Fujinami et Hosaka se rencontreront en éliminatoire dans un remake de la finale de la coupe de l’Empereur, que Fujinami avait remportée par supériorité technique.

Dans les autres titres de lutte libre à saisir samedi passé, celui des 97kg est revenue à Naoya AKAGUMA, qui a déroulé une victoire 9-0 sur Taira SONODA.

En demi-finale, Akaguma avait marqué un amené à terre tardif pour une victoire 3-3 sur le vainqueur de la coupe de l’Empereur Takeshi YAMAGUCHI, les amenant tous deux à un combat éliminatoire pour Budapest.

Le médaillé d’argent d’Asie Tsuchika SHIMOYAMADA (67kg) et Shohei YABIKU (77kg) en lutte gréco-romaine, et Katsuki SAKAGAMI (57kg) en lutte féminine, ont tous décroché le double titre national et leur place pour Budapest.

Résultats du troisième jour

Lutte libre

74kg (12 inscrits)
Or – Ken HOSAKA df. Yuto MIWA, 11-3

Bronze – Hayato OGATA et Ryuki YOSHIDA

Demi-finale – Yuto MIWA df. Hayato OGATA, 5-0
Demi-finale – Ken HOSAKA df. Ryuki YOSHIDA, 4x-4

97kg (12 inscrits)
Or – Naoya AKAGUMA df. Taira SONODA, 9-0

Bronze – Takeshi YAMAGUCHI et Hiroto NINOMIYA

Demi-finale – Naoya AKAGUMA df. Takeshi YAMAGUCHI, 3x-3
Demi-finale – Taira SONODA df. Hiroto NINOMIYA par forfait.

Lutte gréco-romaine

55kg (10 inscrits)
Or – Shota TANOKURA df. Shota OGAWA, 7-0

Bronze – Tomoya MARUYAMA et Hiromu KATAGIRI

Demi-finale – Shota TANOKURA df. Tomoya MARUYAMA par tombé, 8-0, 1:50
Demi-finale – Shota OGAWA df. Hiromu KATAGIRI par tombé, 10-2, 2:20

67kg (10 inscrits)
Or – Tsuchika SHIMOYAMADA df. Shogo TAKAHASHI par tombé, 9-1, 4:17

Bronze – Daiki KOBAYASHI et Katsuyoshi KAWASE

Demi-finale – Tsuchika SHIMOYAMADA df. Daiki KOBAYASHI par tombé, 10-1, 2:07 
Demi-finale – Shogo TAKAHASHI df. Katsuyoshi KAWASE, 5-3

77kg (12 inscrits)
Or – Shohei YABIKU df. So SAKABE, 2x-2

Bronze – Kenryu KUZUYA et Takeshi IZUMI

Demi-finale – Shohei YABIKU df. Kenryu KUZUYA par tombé, 8-0, 1:27 
Demi-finale – So SAKABE df. Takeshi IZUMI par tombé, 3:30 (5-3)

Lutte féminine

57kg (6 inscrites)
Or – Katsuki SAKAGAMI df. Akie HANAI, 4-1

Bronze – Sae NANJO et Chiho HAMADA 

Demi-finale – Katsuki SAKAGAMI df. Sae NANJO, 8x-8
Demi-finale – Akie HANAI df. Chiho HAMADA, 2-0

62kg (7 inscrites)
Or – Yukako KAWAI df. Yurika ITO, 4-1

Bronze – Atena KODAMA et Honoka IMAGAWA

Demi-finale – Yurika ITO df. Atena KODAMA par ST, 11-0, 4:09
Demi-finale – Yukako KAWAI df. Honoka IMAGAWA, 4-0 

68kg (5 inscrites)
Or – Rio WATARI df. Chiaki SEKI, 3-2

Bronze – Miwa MORIKAWA et Mai HAYAKAWA

Demi-finale – Chiaki SEKI df. Miwa MORIKAWA, 7-2
Demi-finale – Rio WATARI df. Mai HAYAKAWA, 7-0

L'Hebdo !

L'Hebdo du 22 octobre !

By Eric Olanowski

En revue : l'ouverture du championnat du monde des U23 lundi, Yanan SUN en quête de l'or olympique, les résultats des Jeux militaires mondiaux, la Coupe Akhmad Kadyrov... 

1. Le championnat du monde des U23 commence lundi
Le championnat du monde des U23 débute dans quelques jours ce lundi 28 octobre à Budapest en Hongrie. 35 des 631 athlètes inscrits ont remporté une médaille l'année dernière - et dix remettront leur titre en jeu. 

La lutte gréco-romaine accueille cinq des tenants du titre, la lutte libre trois et la lutte féminine deux.  

Nugzari TSURTSUMIA (GEO), champion du monde senior à Noursoultan il y a un mois, mène l'équipe des médaillés d'or de lutte gréco-romaine. Son compatriote Zviadi PATARIDZE (GEO) défendra la couronne qu'il porte depuis l'année passée ; l'éminent Géorgien est à la poursuite de son septième titre mondial.

Mohamed ELSAYED (EGY) et Katsuaki ENDO (JPN) sont tous deux inscrits en 67kg, ouvrant la voie à une exceptionnelle rencontre de titans entre détenteurs du titre. El Sayed a terminé cinquième à Noursoultan où il a, par la même occasion, qualifié l'Égypte pour les Jeux Olympiques dans la catégorie des 67kg.

Cinquième des lutteurs remettant leur titre en jeu en GR, Semen NOVIKOV (UKR) est inscrit en 87kg. 

Les trois champions du monde 2018 de lutte libre sont Taimuraz SALKAZANOV (SVK), Kamran GHASEMPOUR (IRI) et Shamil ZUBAIROV (AZE), respectivement inscrits en 74, 86 et 92kg.

En lutte féminine, la Japonaise Saki IGARASHI (55kg) et la Chinoise Paliha PALIHA (76kg) chercheront à renouveler leur titre de championne du monde des U23. Marina SEDNEVA (KAZ) et Andreea ANA (ROU), médaillées de bronze l'année dernière, seront sur les talons d'Igarashi en 55kg ; Paliha est la seule médaillée 2018 qui remontera sur le tapis des 76kg. 

La liste complète des 631 athlètes inscrits sera publiée cette semaine sur www.unitedworldwrestling.org. 

2. SUN au pays du soleil levant : la star chinoise en quête de gloire olympique chez l'éternel rival
Le jour où SUN Yanan (CHN) a décidé, âgée de 15 ans, de quitter sa maison pour poursuivre une carrière de lutteuse, elle était consciente qu'il n'y aurait pas de retour.

"Au début, je me disais qu'il fallait être indépendante, parce que j'avais déjà quitté la maison," se remémore Yanan, se souvenant : "Je ne pouvais pas rentrer. Si je rentrais, la honte m'aurait submergée."

Sun n'a jamais regardé derrière elle. En dépit d'un départ tardif, elle a su forger sa réputation : un titre mondial, un bronze olympique et tant d'autres titres. Malgré une déconvenue lors du dernier championnat du monde, la Chinoise âgée de 27 ans tient fermement les Jeux Olympiques de Tokyo dans sa ligne de mire.

"Petit à petit, j'ai senti grandir le plaisir que j'avais à lutter ; la lutte faisait déjà partie intégrante de ma vie. Et je voulais réaliser mon rêve d'atteindre une confiance absolue en moi et être parfaite grâce à la lutte. J'ai vraiment grandi."

Yanan Sun est très loquace et parle ouvertement - grâce à un interprète - lors d'un entretien pendant le Test Event de Tokyo 2020, un tournoi de lutte féminine organisé dans les six catégories olympiques. Yanan n'a pas participé mais accompagnait l'équipe chinoise ; elle a pu voir de près le site de la compétition olympique, au centre des conventions Makuhari Messe de Chiba, dans les environs de Tokyo.

"Je suis très excitée quand je m'imagine concourir aux Jeux Olympiques. J'espère être plus forte et montrer tout ce dont je suis capable l'année prochaine."

Yanan Sun a qualifié la Chine dans la catégorie des 50kg grâce à la cinquième place qu'elle a obtenue à Noursoultan le mois dernier. Même sans médaille, elle a démontré son importance pour cette catégorie.

Cliquez ICI pour l'article complet de Ken Marantz (en anglais).

Gadzhimurad RASHIDOV (RUS), l'un des trois lutteurs russes médaillés d'or aux Jeux militaires mondiaux. (Photo : Kadir Caliskan)

3. La Russie s'empare de trois médailles d'or aux Jeux militaires mondiaux
Dès l'ouverture des 7èmes Jeux militaires mondiaux du CISM (Conseil international des sports militaires) à Wuhan en Chine, la Russie a rafflé le gros de la mise de lutte libre en se saisissant de trois médailles d'or. La Corée du Nord remporte la quatrième médaille de ce premier jour grâce à Gwang un PAK, vainqueur de la catégorie des 57kg. Taha AKGUL (TUR) et Hossein MOHAMMADIAN (IRI) sont repartis le lendemain avec les deux médailles restantes de lutte libre.

En tête de la division des trois médaillés d'or russes, Gadzhimurad RASHIDOV (RUS), champion du monde en titre de la catégorie des 65kg de lutte libre, secondé par Khetik TSABALOV (RUS) et Artur NAIFONOV (RUS) en 74 et 86kg respectivement. 

Rashidov, désormais trois fois finaliste mondial, aura laminé ses quatre adversaires par un total de 41-0 avant de s'emparer de son premier titre des Jeux militaires, dont trois victoires par supériorité technique sur Gerchek HEMRAYEV (TKM), TIAN Zhenguang (CHN) et Bavyrzhan TOREBEK (KAZ) et un 10-0 sur Vasyl SHUPTAR (UKR) lors de la finale.

Tsavolov, champion du monde 2014 et médaillé d'argent en 2017, écrase Nurkoza KAIPANOV (KAZ) 12-0 en finale des 74kg, tandis qu'Artur Naifonov, médaillé mondial de bronze en 2019, vainc Ahmed DUDAROV (GER) 10-0 en finale des 86kg. 

Gwang un PAK, qui obtient une victoire sur critère sur un score de 2-2 face à Andrei DUKOV (ROU), est le quatrième champion de ce jour d'ouverture. 

Le lendemain, le champion olympique turc Taha Akgul, couronné à Rio en 2016, a pris le dessus sur Yadollah MOHEBI (IRI) par 3-0 en finale de la catégorie poids lourd des 125kg, et l'Iranien Hossein Mohammadian bat Aliaksandr HUSHTYN (BLR) 3-1 en 97kg. 

Cliquez ici pour les résultats complets des 7mes Jeux militaires mondiaux du CISM.

Lutte Libre 
57kg – Gwang un PAK (PRK) df. Andrei DUKOV (ROU), 2-2 
65kg – Gadzhimurad RASHIDOV (RUS) df. Vasyl SUPTAR (UKR), 10-0 
74kg – Khetik TSABALOV (RUS) df. Nurkoza KAIPANOV (KAZ), 12-0 
86kg – Artur NAIFONOV (RUS) df. Ahmed DUDAROV (GER), 10-0 
97kg – Hossein MOHAMMADIAN (IRI) df. Aliaksandr HUSHTYN (BLR), 3-1
125kg – Taha AKGUL (TUR) df. Yadollah MOHEBI (IRI), 3-0 

Magomedrasul GAZIMAGOMEDOV (RUS), double champion du monde et médaillé d'or des 74kg de la Coupe Akhmad Kadyrov. (Photo : Sachiko Hotaka)

4. Gazimagomedov médaille d'or des 74kg de la Coupe Akhmad Kadyrov; retour du champion olympique Ramonov 
La capitale de la Tchétchénie, Grozny, accueillait la Coupe Akhmad Kadyrov ce weekend, pendant laquelle le double champion du monde Magomedrasul GAZIMAGOMEDOV (RUS) a mené un peloton de dix vainqueurs russes.

Gazimagomedov, champion du monde à Budapest en 2018 dans la catégorie des 70kg, remporte pour la première fois un titre des 74kg - sur Musa BAZIEV (RUS) - après avoir terminé en troisième place du championnat de Russie en juillet dernier.

Autre champion notable, Akhmed CHAKAEV (RUS), deux fois médaillé mondial de bronze et pour la troisième fois d'affilée ! vainqueur de la Kadyrov, cette fois sur Muslim SAJDULAEV (RUS) en finale des 65kg. 

Hors ces champions, le médaillé d'or olympique (Rio 2016) Soslan RAMONOV (RUS) est remonté sur les tapis après 13 mois d'absence passés en convalescence pour une opération du dos. Ramonov a terminé deuxième des 70kg, vaincu en finale par son compatriote Rasul ARSANALIEV. Ramonov a annoncé sur les réseaux sociaux qu'il concourra à nouveau dans sa catégorie de champion olympique pour le Tournoi Vladimir Semenov de ce weekend à Nefteyugansk en Sibérie. 

Ramonov a posté :“Après une année de pause, premier départ, hier j'ai eu du plaisir à combattre. Aujourd'hui, néant ! Dommage, mon corps n'était pas préparé à traverser le tournoi entier...mais il est possible d'y remédier. Je vais travailler encore plus. Prochaine compétition dans une semaine à Nefteyugansk en 65kg."

RÉSULTATS
57kg - Muslim SADULAEV (RUS) df. Abubakar MUTALIEV (RUS)
61kg - Zelimkhan ABAKAROV (RUS) df. Muslim MEHTIKHANOV (RUS)
65kg - Akhmed CHAKAEV (RUS) df. Muslim SAJDULAEV (RUS)
70kg - Rasul ARSANALIEV (RUS) df. Soslan RAMONOV (RUS)
74kg - Magomedrasul GAZIMAGOMEDOV (RUS) df. Musa BAZIEV (RUS)
79kg - Kahaber HUBEZHTY (RUS) df. Adam KHASIEV (RUS)
86kg - Muslim DADAEV (RUS) df. Dzhabrail SHAPIEV (UZB)
92kg - Anzor URISHEV (RUS) df. George RUBAEV (MDA)
97kg - Alikhan ZHABRAILOV (RUS) df. Tamerlan RASUEV (RUS)
125kg - Batradz GAZZAYEV (RUS) df. Baldan TSYZYPOV (RUS)

Haji ALIYEV (AZE), triple champion du monde, sera au Tournoi européen de qualification olympique pour saisir la place de l'Azerbaïdjan. (Photo : Tony Rotundo)

5. Tournoi européen de qualification olympique : qui n'est pas encore qualifié en 65kg
Si les six premières places de chaque catégorie de poids ont trouvé preneur lors du championnat du monde de Noursoultan, de nombreux médaillés mondiaux doivent encore faire leurs preuves s'ils veulent assurer la place de leur pays aux Jeux Olympiques de Tokyo l'été prochain. Deux des meilleurs athlètes européens, notamment, risquent de la voir leur échapper en 65kg, même s'il leur reste tout de même deux occasions de remédier à cette situation. 

Deux continents seulement ont qualifié leurs places en 65kg, l'Europe et l'Asie. L'Asie a quatre lutteurs, l'Europe deux. Ont ainsi échoué au qualificatif européen de cette catégorie deux des meilleurs lutteurs du moment, Haji ALIYEV (AZE) et Vladimer KHINCHEGASHVILI (GEO). 

Aliyev, triple champion du monde, médaillé olympique de bronze lors de la dernière édition et vaincu lors de son combat d'ouverture des mondiaux par le futur champion Gadzhimurad RASHIDOV (RUS), n'a pas réussi à qualifier l'Azerbaïdjan. Même s'il inscrit ensuite un 10-1 pour son premier combat de repêchage face à Reda HUSSEN (EGY), il a dû s'incliner devant le champion du monde 2018 Takuto OTOGURO (JPN) - dans un douloureux 11-9, une seconde défaite qui ne lui laisse que la douzième place de la compétition. 

Khinchegashvili, champion olympique à Rio et médaillé d'argent des JO de Londres, a également échoué à qualifier son pays. Le Géorgien avait pourtant débuté le championnat du monde 2019 par une victoire 4-0 sur YUN Junsik (KOR) ; pour concéder une défaite par 5-1 sur le futur médaillé de bronze Iszmail MUSZUKAJEV (HUN), lui-même amèrement vaincu 3-2 par Rashidov -- résultat, Khinchegashvili doit se contenter de la 22ème place de la compétition. 

Les deux athlètes se retrouveront ainsi à Budapest pour le Tournoi européen de qualification olympique du 19 au 22 mars prochain et devront absolument atteindre les finales pour qualifier l'Azerbaïdjan et la Géorgie en 65kg. Dans le cas contraire, leur dernière chance sera celle du Tournoi mondial de qualification olympique de Sofia en Bulgarie, du 30 avril au 3 mai prochain

Pays qualifiés / Lutteurs 
RUS via Gadzhimurad RASHIDOV (Europe)
KAZ via Daulet NIYAZBEKOV (Asie) 
IND via Bajrang BAJRANG (Asie)
HUN via Iszmail MUSZUKAJEV (Europe) 
JPN via Takuto OTOGURO (Asie)
MGL via Tulga TUMUR OCHIR (Asie)
 

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